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Formation des pairs éducateurs détenus et personnel pénitentiaire sur la Tuberculose, les IST/VIH/SIDA au sein des prisons du Cameroun 09/02/2017

Période: Août à décembre 2016

Structure demanderesse: GFBC

Présentation: L’Afrique subsaharienne reste le continent le plus touchée par le VIH. D’après le rapport ONUSIDA 2013, sur les 35,5 millions de personnes qui vivent avec le VIH, près de 24,7 millions sont dans cette région . Au Cameroun, la situation épidémiologique du VIH est toujours préoccupante avec une prévalence de 4,3% (EDS-MICS 2011)

Au Cameroun, la situation épidémiologique du VIH, de la TB ou de la co-infection VIH-TB est toujours préoccupante. Le pays reste une zone de forte endémie tuberculose, avec près de 25 000 cas diagnostiqués chaque année et dont 35 à 40% sont co-infectés (VIH-TB). Les prisons notamment restent de grands milieux de propagation de la pandémie. En raison de la surpopulation carcérale, de la mauvaise alimentation des détenus, de l’accès limité aux soins de santé, de la mauvaise ventilation des cellules, des rapports sexuels sans protection, les prisons se présentent comme de véritables environnements à très haut risque pour la transmission de maladies infectieuses.

En réalité, les faits montrent que les prisons abritent de nombreux comportements et pratiques à risque. Dans un contexte où l’accès aux services sociaux de base est limité, les prisonniers adoptent de multiples comportements à risque. Les hommes ont des rapports sexuels avec d’autres hommes ou des femmes, et les femmes entre elles, sans protection. Les plus jeunes connaissent des viols perpétrés par des adultes homosexuels. De nombreux détenus ont des rapports sexuels entre eux pour de l’argent. La consommation de la drogue, introduite frauduleusement ou avec la complicité du personnel pénitentiaire, pousse un nombre important de détenus à adopter des comportements à risque. L’utilisation des objets tranchants (ciseaux, couteaux, lames de rasoir…) passe de mains en mains sans une véritable précaution. Par ailleurs, les détenus sont manifestement des personnes issues des groupes défavorisés sur le plan socioéconomique, cette précarité apparait comme un facteur déterminant du risque..

Ces différents constats montrent en réalité que les populations incarcérées sont très vulnérables pour le VIH et la Tuberculose. Elles sont pourtant stigmatisées, voire discriminées, et le plus souvent négligées par les programmes de prévention du Sida et de la Tuberculose. Très souvent, le cadre légal ne permet pas ou rend difficile la mise en place et l’accès aux services VIH (la distribution des préservatifs aux détenus par exemple), et nécessite une réforme afin d’assurer le respect des droits en matière de santé. Dans ces conditions, le virus du SIDA se propage facilement au sein de ces groupes de population et la prévalence peut atteindre des niveaux très élevés : 10 fois plus élevés que dans la communauté ; quant à la tuberculose, son taux peut être 30 fois supérieur à celui qu’on observe dans la population civile comparable. Et de là, il se propage à l’ensemble de la population.

Pour répondre efficacement et durablement à la situation, la gouvernement à travers le CNLS a soumis une requête de financement au Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme dans le cadre du nouveau mécanisme de financement. Pour ce faire le Groupement de la Filière Bois du Cameroun (GFBC),suite à la décision N°D 13-32 /C/MINSANTE/CAB,  a été retenu comme sous-récipiendaire d’une partie des subventions du Nouveau Mécanisme de Financement du Fonds Mondial de lutte contre le Sida , la Tuberculose et le Paludisme, chargé de la mise en œuvre du projet «prévention du VIH chez les autres populations vulnérables ».

C’est dans ce cadre que GFBC a sollicité l’expertise de l’ONG JAPSSO pour l’accompagner dans la formation des pairs éducateurs détenus et du personnel pénitentiaire sur la tuberculose, les IST/VIH/SIDA.

Résultats obtenus

  • 53 sessions de formations de pairs éducateurs tenus dans tout l’ensemble du térritoire;
  • 1384 pairs éducateurs (1281 hommes et 103 femmes) formés
  • 04 sessions de de formation du personnel pénitentiaire tenus;
  • 100 personnels pénitentiaire (54 hommes et 46 femmes) formés.